Destination

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Comme après chaque période difficile, il y a toujours l’appréhension. Celle de la rechute, plus dure encore que la chute, car les souvenirs douloureux sont encore bien présents. Il y a la peur se prendre son élan, de s’élancer et de s’écraser, lamentablement. Il y a le corps qui se sent encore fragile, qui a du mal à recouvrer ses forces. En ces après-midi d’automne, je retrouve la douceur de la laine ou le réconfort des thés.

L’angoisse rôde encore pas loin mais elle semble avoir un peu lâché prise. Les nuits sont parfois encore agitées, ponctuées de cauchemars et de réveils en sueur.

La vie est trop gourmande pour moi en ce moment. Elle demande tant d’énergie à déployer quand je n’aspire qu’au calme. J’y navigue au grès de ses humeurs, elle me fait tanguer, me soulevant le cœur. Puis je redresse la barre, tiens le cap.

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Je me libère ces jours derniers des choses accumulées en à peine deux ans. Des petits ou gros objets, soulagée de ne pas en dépendre. Je trie, je range, j’organise. Je me souviens – devise du Québec – puis je laisse filer. Je remplie des listes que je coche minutieusement, pour garder un peu de contrôle.

Je laisse l’esprit divaguer et rêver à l’après, celui sur lequel je n’ai que peu d’influence. Qu’est-ce qui m’attend là-bas ? Comment ce sera ? Trouverais-je un nouveau chez moi ?

Je mets de côté des amitiés un peu fanées. De celles qui ne tiennent pas la distance. Tant pis. Je profite de ces derniers instants avec les gens qui comptent, ceux qui laisseront un trou béant quand l’avion décollera.

Je m’improvise agent immobilier ou vendeuse de fripes. Je gère les derniers détails comme on dit. J’apprivoise doucement l’idée d’un départ, d’une vie différente. Je m’entraîne à comprendre les subtilités de la langue de mon futur pays.

Je me pose mille questions qui ne trouveront pas de réponses avant que mes deux pieds ne soient là-bas, sur cette petite terre perdue dans la mer. J’espère, aussi. L’excitation monte à nouveau : des projets professionnels, des envies, des réponses, des gens qui disent qui t’appelleront et qui le font.

L’Angleterre ne m’attend pas, moi si. Londres, je la touche presque du doigt. Elle n’est plus qu’à quelques semaines maintenant.

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